Mashrou3i

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Des biosciences à Montpellier, à l’agriculture biologique à Tabarka

juillet 1, 2020

Sur les hauteurs de Tabarka, s’étendent à perte de vue les champs de BIOHEMERA une exploitation, complètement dédiée à la culture des plantes médicinales et aux légumes bio de la région.

Si Biohemera a vu le jour c’est grâce à la perspicacité et la détermination de son fondateur, Chaker Slaymi, un manager aux multiples talents, docteur émérite en Biologie cellulaire et moléculaire en France, enseignant, manager d’un incubateur universitaire, mais surtout un amoureux fou de la nature et des gens qui y vivent.

« Je suis né sur les hauteurs de Houamdia, une région à grand potentiel naturel mais non valorisé », souligne Chaker « très jeune j’ai nourri cet amour pour la région. Puis inspiré par la science et mes connaissances médicales, j’ai décidé de rentrer en Tunisie pour valoriser les richesses de la région. »

« Mon passage de six mois dans l’industrie pharmaceutique oncologique à Montpellier sera déterminant. J’ai vu de mes propres yeux l’effet de la chimie sur le corps humain. Je me suis demandé : et si on reprenait les choses autrement ? ».

Convaincu des vertus curatives des plantes médicinales, c’est auprès des personnes âgées de la région qu’il enquête sur les traces de ce savoir ancestral, sur le secret des plantes, leurs qualités thérapeutiques, leur culture, leur entretien et leur cueillette.

Le jeune scientifique concrétise son rêve en janvier 2016 en trouvant un terrain, y installe une pépinière et lance la culture des plantes médicinales biologiques telles que l’aneth, le thym ou la coriandre. Chaker prend goût au challenge quand il s’agit de valoriser la richesse de sa région, avec son projet pilote il remporte le prix de la FAO et bien d’autres récompenses instituées par GIZ, la CONECT ou l’APIA pour ses efforts dans la valorisation de l’agriculture durable. Commence aussi un véritable parcours d’apprentissage technique sur le cycle des plantes et tout ce qui est nécessaire à la réussite du projet.

« La première phase, le développement de l’agriculture biologique est réussie et finalisée grâce à l’appui du projet Mashrou3i. Ils m’ont aidé à être certifié en agriculture biologique la première année de mon activité avec la certification CCPB pour l’Europe, et l’année suivante avec la certification USDA visant l’ensemble du continent américain. »

L’investissement le plus important de Biohemera reste avant tout sur le volet social. L’entreprise a choisi de travailler avec les femmes de la région, et surtout celles en situation vulnérable. Notre entreprise fait appel à 35 d’entre elles pour assurer le travail direct sur les champs entre culture, désherbage et cueillette. Et nous vison à leur assurer un avenir sécurisé en termes de droit sociaux et de développement professionnel.

« Il existe une demande croissante pour le bio sur le marché tunisien. Nous pouvons désormais multiplier les cultures et offrir des semences aux femmes travailleuses afin qu’elles puissent cultiver elles-mêmes leurs propres parcelles de terre et les revendre à Biohemera. Parmi ces femmes, beaucoup sont diplômées mais n’ont jamais trouvé de travail. Celles-ci seront engagées dans une 3ème phase programme : le lancement du laboratoire moyennant une formation en distillation et séchage qui leur permettra d’être totalement autonomes sur la valorisation de coproduits. »

Membre fondateur du nouveau syndicat de la filière bio, confiant dans l’avenir, Chaker s’est donné pour mission d’œuvrer pour le développement de la biodiversité de la région, sensibiliser les générations futures et surtout soutenir et accompagner les jeunes entrepreneurs qui se lanceront dans le bio.